Que signifie-t-elle pratiquement pour le chrétien musicien ?

a ) Éviter les fausses pistes

Faire quelque chose pour la gloire de Dieu signifie que nous désirons qu’il reçoive tout l’honneur et la louange suscités par notre action, qu’il soit mieux connu, aimé et servi par un plus grand nombre d’adorateurs. Par conséquent, nous renonçons à la gloire personnelle que nous pourrions en tirer. Le monde de la musique, comme toute l’activité artistique, a été dévié vers la glorification de l’homme. L’un des buts – avoués ou inavoués de tout artiste – est de se faire un nom (cf. Genèse 11:4). Jésus dirait aussi à ce sujet : « Qu’il n’en soit pas ainsi parmi vous. » Matthieu 20:26). Dans un culte centré sur la louange et l’adoration de Dieu, on concevrait difficilement qu’on applaudisse l’organiste ou un autre soliste. La musique est offerte à Dieu comme les prières des fidèles. Les auditeurs s’associent à cette offrande musicale. Ils ne sont pas là, en premier lieu, pour jouir de la musique ou pour en apprécier la qualité et manifester leur approbation.

Faire de la musique pour la gloire de Dieu signifierait-il que nous n’avons plus le droit d’y trouver notre plaisir ? Nous mangeons « pour vivre », certes, mais Dieu ne nous interdit pas de jouir de nos repas. Autre chose serait de vivre pour manger, de passer tout son temps et son argent à varier les menus et à raffiner les plats. La jouissance est devenue l’impératif majeur de notre génération : aujourd’hui, beaucoup de gens ne vivent que pour jouir. La musique tient une large place dans le programme des réjouissances offertes sur le marché. Des appareils de plus en plus perfectionnés sollicitent le mélomane de la fin du XXe siècle. Le chrétien se sait responsable devant Dieu de l’emploi de son temps et de son argent. Il ne saurait donc entrer dans cette course sans fin qui engloutirait toutes ses disponibilités (sur les deux plans cités) pour le simple plaisir d’une jouissance encore plus raffinée. Chacun doit trouver devant Dieu la part qu’il peut consacrer à la musique – part qui sera très variable de l’un à l’autre suivant la vocation, le milieu et les engagements personnels.

Le même problème se pose aussi aux groupes musicaux chrétiens : que signifie pour eux : « jouer à la gloire de Dieu » sur le plan du matériel à acquérir, du temps et des forces à consacrer à leur préparation ? Le problème n’est pas simple. En dessous d’un certain niveau, ils ne se sentent pas crédibles devant le monde. Mais au-dessus, il n’y a pas de limite. Devront-ils donc consacrer des sommes considérables à l’acquisition d’un équipement électronique qui leur permette de concurrencer les groupes du monde, passer tout leur temps à répéter, donc devenir presque des professionnels ? Mais l’impact est-il nécessairement fonction de la technique ? Les expériences nombreuses et diverses ont montré que l’Esprit de Dieu agit toujours à travers les exécutants, c’est à dire par le rayonnement de leur personnalité et le témoignage de leur vie commune. Vous êtes bien d’accord que la prière, la méditation régulière de la Parole de Dieu et l’écoute des conseils fraternels sont plus importantes que le nombre des répétitions et les raffinements de la technique. Réfléchissons bien avant de nous laisser emporter dans l’escalade actuelle.

A. Kuen

Un orchestre chrétien pour la France

Abonnez-vous à la lettre de nouvelles

Recevez les actualités mensuelles de La Symphonique Chrétienne

Bienvenue parmi nous !